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La relation symbiotique avec les ordinateurs ne s'établit pas en sens unique: de notre cerveau vers la machine. Nous recevons aussi des informations en provenance des ordinateurs. Aujourd'hui, elles se traduisent par des chiffres, du texte, des graphiques, des images fixes, des séquences animées apparaissant sur les écrans; ou par des sons émis par des haut-parleurs. Mais avec les ordinateurs portables, les assistants personnels transportés sur soi comme un agenda, les téléphones de plus en plus miniaturisés, les visiophones ou les "pagers" (bip, alphapage), la nécessité se fera sentir d'une transmission d'informations vers le cerveau, à la fois plus personnalisée, plus discrète et plus intime.
Nous sommes à l'aube d'une révolution dans les modes de communication des machines électroniques vers l'homme. Ce que l'on appelle la "révolution de la communication" est en fait la préhistoire d'une phase qui va se dérouler pendant la première décennie du XXIe siècle. En matière de communication, nous n'avons encore rien vu ! Des oreilles, des yeux, des nez bioélectroniques, qui peuvent entendre, transmettre, voir, sentir et surtout s'interfacer avec l'homme, sont déjà proposés par des entreprises de haute technologie. La réception des informations venant des ordinateurs et des machines à communiquer prend une nouvelle voie. Quelques exemples :
Une petite entreprise californienne a développé un combiné écouteur-microphone que l'on place dans l'oreille. L'innovation tient à la relation astucieuse entre l'écouteur, le micro et la base d'émission des informations. Pas de fil : tout est transmis à distance par ondes hertziennes. On peut converser avec son ordinateur en préservant sa liberté de mouvement ou garder son téléphone portatif dans sa poche tout en discutant à voix très basse avec son interlocuteur. Le micro placé juste à l'extérieur de l'oreille réduit électroniquement les bruits ambiants en tenant compte de la distance constante entre l'oreille et la bouche. De plus, grâce à un procédé original, le micro capte les sons transmis par les os du crâne. Ceci amplifie considérablement la qualité d'émission de la voix de la personne qui parle, même si elle ne fait que murmurer ses phrases. D'autres entreprises développent des implants placés plus profondément dans l'oreille et analogues à certaines prothèses pour mal entendants. Votre ordinateur à synthèse vocale vous parlera directement dans l'oreille.
Des nez artificiels ont été mis au point par plusieurs laboratoires dans le monde. L'un d'entre eux, développé à l'Université de Manchester, utilise déjà l'électronique moléculaire. Un capteur joue le rôle de la muqueuse olfactive. Il est constitué de polymères conducteurs sur lesquels sont fixés des groupements chimiques reconnaissant les molécules responsables des odeurs. Chaque fois qu'une molécule transportée par le flux d'air se fixe sur un récepteur, une modification de la conduction électrique du polymère se produit. Il en résulte une empreinte ou profil olfactif caractéristique du produit testé. Un réseau de neurones compare alors cette information aux différentes familles d'odeurs mémorisées. L'écran de l'ordinateur affiche la courbe spécifique de l'odeur et annonce le nom du produit reconnu.
Des rétines de synthèse qui distinguent des formes préfigurent les yeux des nouvelles générations de robots. Jusqu'à présent, les rétines artificielles utilisées dans les systèmes de vision de robots ou les missiles intelligents étaient fondées sur l'utilisation de silicium. Une équipe japonaise des laboratoires Fuji a utilisé de la bactério-rhodopsine, protéine jouant un rôle de photorécepteur chez certaines bactéries photosynthétiques vivant dans l'eau salée, et notamment dans l'eau de la Mer Morte. Une des caractéristiques importantes de cette rétine artificielle est sa capacité à réagir en quelques microsecondes à des changements d'intensité lumineuse.
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