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Parole d'experts > La cybercriminalité intéressera-t-elle les candidats aux présidentielles ?

La cybercriminalité intéressera-t-elle les candidats aux présidentielles ? (1)
Par Carlo Revelli
Président Directeur Général de Cybion

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Les problèmes de sécurité seront sans aucun doute au coeur des débats des prochaines élections. Mais qu'en est-il de la sécurité sur Internet ? Quelques initiatives politiques ont récemment vu le jour pour contrer le phénomène de la cybercriminalité :

  • Le 9 novembre 2001, le gouvernement lance un nouveau site web qui permet de signaler et dénoncer les sites à caractère pédophile.
  • Le 8 novembre 2001, les 43 pays membres du Conseil de l'Europe adoptent la première convention internationale de lutte contre la cybercriminalité .
  • Le 31 octobre 2001, les députés français ratifient la loi sur la sécurité quotidienne en introduisant différentes obligations pour les fournisseurs d'accès afin de lutter contre le cyberterrorisme.

L'ensemble de ces mesures ouvre la voie à une régulation juridique et éthique du réseau des réseaux qui semblait jusqu'ici avoir été abandonnée aux seules règles du marché. Il s'agit donc d'un pas en avant important qui pourrait marquer l'avènement d'une prise de conscience collective. Néanmoins, ces initiatives engendrent des conséquences qui tendent à les rendre superflues et parfois même dangereuses :

  • L'initiative de lutte contre la pédophilie est intéressante car elle repose sur le sens civique des internautes. Néanmoins, sa portée reste très limitée dans le temps et dans l'espace. En effet, le contenu des pages web étant extrêmement volatile, un signalement fait à un moment précis risque de perdre toute valeur juridique si les photos incriminées sont supprimées du serveur avant que les services de l'ordre ne les aient visionnées. Plus gênant, quels pouvoirs d'intervention possèdent réellement nos instances nationales par rapport à des photos qui apparaissent sur des serveurs anonymes dans des pays lointains ?
  • En ce qui concerne la convention internationale de lutte contre la cybercriminalité, les pays européens ont tout tenté pour inclure un article visant à lutter contre les sites à contenu xénophobe ou raciste. Mais ils se heurtent au refus des Etats-Unis qui invoquent le premier article de leur Constitution.
  • Quant aux mesures liées à la cryptographie et au contrôle des fichiers de connexion des fournisseurs d'accès à Internet, elles posent le problème des libertés individuelles et du respect de l'anonymat. Les projets actuels risquent de pénaliser surtout les internautes ordinaires sans atteindre les cybercriminels qui gardent souvent une longueur d'avance en terme d'ingéniosité et d'innovation technologique.

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Article publié par Les Echos le 11 février 2002. Reproduit avec le consentement de l'auteur.


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