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A la suite des attentats du 11 septembre 2001, la première réaction instinctive de l'opinion publique fut de fortement critiquer l'inefficacité des services secrets, notamment américains, incapables de n'avoir rien vu venir malgré les dispositifs colossaux mis en oeuvre pour l'écoute et le filtrage des conversations téléphoniques, des fax et des e-mails (il suffit de penser aux sommes considérables qui ont été investies par la NSA pour financer le célèbre programme Echelon). Pourtant, il semblerait que de nombreux indices étaient présents sur Internet. Et c'est d'ailleurs pour cette raison que certains agents du FBI continuent à explorer les moindres recoins du web, à la recherche des traces laissées par les auteurs des attentats américains.
Cependant, la méthode d'investigation qui est appliquée est extrêmement difficile à exécuter, souvent improductive et probablement inadaptée aux dangers liés au type de "guerre numérique" qui se profile.
En effet, une telle méthode a pour but de fouiller dans les disques durs des ordinateurs qui auraient pu être utilisés par les islamistes dans des hypothétiques cybercafés ou, plus fréquemment, d'analyser les millions de courriers électroniques qui transitent par tel ou tel fournisseur d'accès à Internet. Des logiciels comme "Carnivore" sont souvent déployés pour assurer la surveillance et le filtrage des transmissions sur Internet.
Cette démarche est efficace uniquement dans des cas bien précis, notamment lorsqu'on dispose d'indices suffisamment fiables permettant de savoir que tel ordinateur de tel cybercafé a été utilisé ou que tel fournisseur d'accès a été effectivement appelé. Mais même quand ces éléments sont disponibles, les messages interceptés sont souvent cryptés (PGP est un des logiciels les plus utilisés) et donc presque impossibles à déchiffrer. Pire, les messages sont parfois cachés et incrustés derrière des images anodines (principe de la stéganographie).
La lutte contre le cyberterrorisme ne consiste pas uniquement à identifier les coupables et à comprendre comment ils ont communiqué entre eux. Les systèmes d'écoute, d'espionnage et de contre-espionnage ont toujours existé et continueront à exister sur et en dehors d'Internet. La question n'est donc pas là. La méthode d'action choisie par les islamistes est directement inspirée par le fonctionnement même d'Internet et, pour cette raison, elle est d'autant plus redoutable.
Article publié par Le Figaro le 25 octobre 2001. Reproduit avec le consentement de l'auteur.
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